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Desvres musée de la céramique hiver 2017-18

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Une exposition avec Corlaie Courbet, Jérome Galvin et Philippe Godderidge
au musée de la céramique de Desvres
https://www.musee-ceramique-desvres.com/







… Ce sont des céramistes qui sont unis par l’amitié et par le
travail de la terre. Mais aussi par un rapport au monde, au
désenchantement – pourquoi l’être s’est-il oublié ? – les
grands récits, Musil, Proust, Joyce… C’est l’expérimentation
qui les motive, une manière d’être au monde, ils passent d’un
bol à une performance, d’une sculpture à une installation,
avec la céramique architecturale, sans pour autant renier le
langage des origines. Ils forment une famille ; parfois, dans
les familles, on peut s’entendre. Ils se parlent, s’écrivent, il y
a de l’estime, du rêve, et le rêve chez eux va leur permettre de
vérifier quelque chose, il y a du respect, de la joie, de l’écoute.
L’intelligence, c’est de penser aux autres. Ils partagent leur
pratique, leurs expérimentations, leurs interrogations, leur
doute. Mais face au désenchantement, ils cherchent à saisir
la vie, seulement la vie, la vie toute seule, ce qu’il y a entre les
hommes, l’espace, la forme, le son, les couleurs. Ils parlent
de tout et de rien, mais chez eux, parler de tout n’est pas rien.
Comme l’écrivait Paul Celan « ça les rend mieux malheureux ».
Ce sont des cérameinstreurs, à la fois céramistes, peintres,
sculpteurs. Le dessin, la peinture chez Coralie Courbet,
Philippe Godderidge ; l’écriture chez lui encore, la vidéo chez
Coralie à nouveau, la danse avec Anne Verdier. Ils essayent
de dire des choses qu’on ne peut pas dire, mais est-ce qu’on
ne cessera pas un jour de dire les choses et qu’on commencera
à les voir, ces choses ? Ils sont dans ce propos, dans ce cheminement.
Ils travaillent ensemble, s’entraident, une profonde
amitié les lie, les unit.
L’oeuvre chez eux est rébellion, insoumission, mais aussi
un poème, une musique, une géographie, un territoire.
Leurs oeuvres sont mystérieuses, émouvantes, puissantes,
poétiques, violentes, une affirmation difficile plutôt qu’une
difficulté à affirmer, pas d’indication, absence le plus
souvent de titre pour ne pas imposer une idée, une référence
de lecture. Comme l’écrivait Rauschenberg à propos de son
exposition à la Stable Gallery en 1953, « pas de sujet, pas
d’image, pas de goût, pas d’objet, pas de beauté, pas de
message, pas de talent, pas de technique, pas de pourquoi,
pas d’idée, pas d’intention, pas d’art, pas de sentiment ». Ils
font, tout simplement, se laissent porter par la vie, par la
terre, et des perceptions qu’ils nous font partager, voies et
voix ancestrales, imperceptibles, énigmatiques, on entend le
murmure des fleurs et le silence de Dieu. L’oeil écoute, mais
le ciel est vide…
Michel Blachère, Galerie XXI, Paris.

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