Les rencontres :

Qui l'eut cru, elles ne sont pas cuites


Rencontre #11

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Rencontre #11 première phase, on fabrique les briques...

Qui l’eut cru, elles ne sont pas cuites 500 briques. Beau pactole et objectif ambitieux! Ils étaient une soixantaine  à se partager le travail, lors des rencontres de l’Atelier à Desvernay ce samedi 24 mai. Enfants, parents, amis, curieux, de Saint Victor ou d’ailleurs; on vit même des lyonnais. Pari tenu. En fin de journée - et avant l’apéritif pour un comptage plus sûr - on en dénombrait près de 550, de ces briques d’adobe, commençant à sécher sur le sol de la grange.

Il aura fallu en malaxer de la terre, cette terre que les créations d’Anne Verdier avaient laissée un temps inemployée, comme en suspens. Terre rouge, terre noire, terre brune... Terre crue, mélangée à d’autres ingrédients naturels, la voilà qui prend forme. La recette de l’adobe? Un simple quatre-quarts: terre, sable, paille, copeaux de bois. Ajoutez y un peu d’eau et pas mal d’huile de rotule, et vous obtenez, après un ou deux quarts d’heure d’effort, un mélange plastique prêt à l’emploi.Qu’il ne reste plus qu’à mouler à la forme des briques.





A deux pas du four d’Anne Verdier, c’est donc de construction en terre crue qu’il s’agissait cettefois, sous l’oeil expert de Lionel Ronsoux, l’animateur du jour. A l’INSA de Lyon, cet ingénieur-chercheur a consacré ces cinq dernières années à l’étude du matériau de terre crue: torchis, bauge,adobe, pisé. Après la pratique, Lionel leur a fait partager les beautés insoupçonnées de cematériau, de la mosquée de Djenné au Mali, aux maisons modernes de l’architecte Martin Rauch. Sansaller aussi loin, si vous ouvrez l’oeil, vous verrez à Lyon et autour de Lyon du pisé, la région en regorge. C’était le premier de deux ateliers. Le temps pour ces briques de sécher, et rendez-vous est pris le 27 septembre pour la construction d’un mini observatoire du paysage près de la Tuilerie de Cabin à St Victor sur Rhins. A la manière de l’architecte Peter Zumthor. Tout un programme.

Stéphane Roussel, mai 2014


Rencontre #11 deuxième  phase, on construit !




Les rencontres de l’Atelier se sont cette fois déportées hors les murs, pour un grand jeu de construction en plein air. Oh, pas très loin, à deux pas de l’atelier d’Anne Verdier: rendez-vous samedi 27 septembre après-midi à la «Tuilerie de Cabin».



Le nom, poétique, sonne comme une promesse. Le temps d’arrière saison est magnifique. On ne pouvait rêver mieux pour un cours de maçonnage en terre crue. L’objectif est simple: mettre en valeur le site préservé de Cabin, son four et son séchoir. La tuilerie, qui fonctionna de la fin du XVIIIème au tournant du XXème siècle, est l’une des dernières du Roannais. Trois emplacements sont choisis le long de la petite route qui serpente depuis la départementale vers le hameau de Cabin. A la fin de l’après-midi s’élèvera sur chacun une construction qui offre un regard sur l’ancien four et le séchoir.





Les matériaux de construction? Pas ici de parpaings, mais des briques de terre crue multicolores. Un peu plus de 500 briques d’adobe, façonnées lors des rencontres précédentes sous la houlette de Lionel Ronsoux, ingénieur-chercheur spécialiste des constructions de terre crue. Au séchage depuis mai dernier dans la grange de Desvernay, les voilà qui retrouvent la lumière.





Pour beaucoup, parmi la vingtaine de femmes et d’hommes présents, il s’agit d’une première expérience de maçonnerie. Maçon d’un jour, maçon toujours? En tout cas, ils n’ont pas à rougir du résultat. Depuis la route, le regard est d’abord capté par une stèle aux formes géométriques. Un profil aérien le porte ensuite depuis un virage vers la colline. Où, désormais, se dresse un petit fourneau multicolore, en écho à son lointain aïeul. Vous qui passez par là, arrêtez-vous. Ca vaut le coup d’oeil.

Stéphane Roussel, septembre 2014

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