Processus :

les affleurants


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Les « Affleurants»
Restituer au rocher ses particules, presser l’argile sur ces roches d'un autre temps, directement, en corps-à-corps. Voilà ce qui m'a occupée ces derniers mois.
En piétinant la terre à brique de Beauvais, le regard vers les collines d’en face, je ne peux m’empêcher de refaire l’histoire de l’argile ... érosion, usure des roches dures et dépôts de fines particules bien plus loin au fil de l’eau. C’est avant tout une terre à brique, utilisée pour bâtir, elle compose les milliers de briques qui ont façonnées la Beauvaisis.
Sur les rochers affleurant qui entourent l’atelier, je me suis mise à modeler, prenant l’argile à pleine main, m’appuyant sur  la roche mère. La puissance du minéral qui se dégage alors est très impressionnante.
Et puis, il y a le démoulage... j’ai soulevé délicatement les croutes de terre pour découvrir l’empreinte des roches et leur volume. Dans le four, l’émail vient renforcer mes traces de modelage. Le rocher laisse lui une empreinte sourde, hors du temps. La cuisson finit de figer ces échanges, les choses se transforment, les volumes évoluent, s’enrichissent d’autres matières.
Ces sculptures m’échappent, je ne peux les embrasser d’un regard, bifaces, elles nous obligent à imaginer l’autre coté ou à les manipuler, nouveaux questionnements...  

Anne Verdier, mai 2016



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